đ§ Moins de grammaire, plus de parole
đ Pourquoi la âculture grammaireâ est un piĂšge (mĂȘme pour les anglophones) â et comment obtenir des rĂ©sultats rĂ©els Ă lâoral
đŻ Objectif de cet article : aider chaque instructor Ă renforcer lâefficacitĂ© (et le plaisir) en classe, surtout en contexte fĂ©dĂ©ral.
Ce nâest pas un article âanti-grammaireâ. Câest un article pro-acquisition : la grammaire oui⊠mais au bon moment, au bon dosage, et au service de lâoral.
1) đ§ Le vrai problĂšme : une croyance installĂ©e depuis des annĂ©es (et un rĂ©flexe culturel)
Dans la formation linguistique en milieu fĂ©dĂ©ral, une croyance sâest installĂ©e depuis longtemps :
âPour rĂ©ussir (surtout au niveau C), je dois dâabord connaĂźtre ma grammaire : subjonctif, conditionnel, rĂšgles, exceptionsâŠâ
Cette croyance est renforcée par un réflexe culturel trÚs fréquent chez nous, francophones.
En tant que francophones, nous avons souvent appris le français dĂšs lâenfance avec :
-
des rĂšgles, des tableaux, des terminologies (COD/COI, modes, etc.),
-
et une idĂ©e implicite : âComprendre la rĂšgle = parler correctement.â
Or, beaucoup dâanglophones :
-
ne connaissent pas la grammaire âtechniqueâ de leur propre langue (ou trĂšs peu),
-
et pourtant⊠ils parlent parfaitement anglais.
â
Conclusion simple : on peut parler trĂšs bien une langue sans savoir en expliquer la grammaire.
Donc, en formation linguistique (surtout dĂ©butant), lâobjectif nâest pas de former des grammairiens â mais des professionnels capables de communiquer.
2) đĄ Clarification essentielle : parler bien â expliquer la grammaire
On peut parler une langue trĂšs correctement sans savoir expliquer :
-
les catégories grammaticales,
-
les modes,
-
les fonctions (COD/COIâŠ),
-
ou les exceptions.
đ La preuve est sous nos yeux : la majoritĂ© des locuteurs natifs (anglais, français ou autre) parlent trĂšs bien sans ârĂ©citerâ leur grammaire.
â Message clĂ© : la compĂ©tence linguistique est dâabord une compĂ©tence dâusage (parler / interagir), pas une compĂ©tence de description.
3) đ§ Mythe vs RĂ©alitĂ© (pour arrĂȘter le dĂ©bat)
Mythe 1 : âSi je comprends la rĂšgle, je vais parler mieux.â
â
RĂ©alitĂ© : comprendre â automatiser. Lâautomatisation vient de la pratique orale rĂ©pĂ©tĂ©e.
Mythe 2 : âPour un C, je dois maĂźtriser le subjonctif et le conditionnel.â
â
RĂ©alitĂ© : au niveau C, ce qui compte, câest surtout : clartĂ©, fluiditĂ©, interaction, nuance, registre, et la capacitĂ© Ă se corriger en continu.
Le subjonctif/conditionnel se consolident avec lâusage â ils ne se âdĂ©clenchentâ pas par des tableaux.
Mythe 3 : âPlus je fais de grammaire, plus je progresse.â
â
RĂ©alitĂ© : trop de grammaire en mode âcoursâ â moins de parole â plus de blocage â moins de progrĂšs.
4) â ïž Ce que la âculture grammaireâ produit (souvent sans quâon le rĂ©alise)
Quand on enseigne (ou apprend) en mode âgrammaire dâabordâ, on observe frĂ©quemment :
-
Surcharge cognitive : rĂšgles + exceptions + vocabulaire technique
-
Perte de spontanĂ©itĂ© : le learner pense avant de parler et sâauto-censure
-
Démotivation : surtout en groupe (les plus timides se taisent)
-
Baisse du temps de parole learner : la classe devient un âcoursâ au lieu dâune pratique
đ Et câest exactement lâinverse de notre standard KC : oral-first (70% de parole learner).
5) đ„ Deux exemples âqui tranchentâ (preuve concrĂšte)
Exemple #1 â Le paradoxe anglophone (trĂšs parlant)
Demandez Ă un anglophone natif :
âPeux-tu expliquer ce quâest un direct object ou une subordinate clause ?â
Beaucoup ne le peuvent pas clairement.
Et pourtant, ils parlent un anglais naturel, précis et fluide.
â Message clĂ© : la langue se construit surtout par usage, pas par mĂ©talangage.
Exemple #2 â 15 minutes, deux approches, deux rĂ©sultats
A) âCours de grammaireâ (15 min)
-
10 min explication
-
5 min exercice (souvent écrit)
âĄïž RĂ©sultat : le learner a âcomprisâ⊠mais parle peu et hĂ©site.
B) Oral-first (15 min)
-
1 min objectif
-
2 min modĂšles
-
10 min tours de parole guidés
-
correction par reformulation
âĄïž RĂ©sultat : le learner parle, gagne en confiance, et la structure sâinstalle.
â Ă temps Ă©gal, lâoral-first produit plus de progrĂšs observable.
6) đ Le subjonctif : lâexemple parfait du piĂšge âje dois maĂźtriserâ
Le subjonctif est souvent au centre des croyances (âsi je ne maĂźtrise pas le subjonctif, pas de Câ).
Câest trompeur, car il y a deux compĂ©tences diffĂ©rentes :
-
Conjuguer (mécanique)
-
Savoir quand lâutiliser (sens : souhait, nĂ©cessitĂ©, Ă©motion, douteâŠ)
Pour un anglophone, la difficultĂ© principale est la 2e : le rĂ©flexe de sens, parce quâen anglais le subjonctif est rare ou peu visible.
đ Analogie utile : français â espagnol
Un francophone apprenant lâespagnol dĂ©couvre vite que :
-
le subjonctif y est trÚs fréquent,
-
et connaĂźtre la conjugaison ne suffit pas : il faut sentir quand il est requis.
đ MĂȘme logique pour un anglophone en français : on construit le rĂ©flexe par usage, pas par cours magistral.
â La mĂ©thode KC (oral-first)
On part de déclencheurs + modÚles :
-
Il faut queâŠ
-
Je veux queâŠ
-
Je suis content(e) queâŠ
Puis 8â10 mini-tours oraux, correction par reformulation.
Les tableaux viennent ensuite, uniquement en soutien si nécessaire.
7) đ§Ș Le test âqui trancheâ (Ă essayer demain)
-
Option A : 5 min explication + 5 min pratique
-
Option B : 1 min modÚles + 9 min tours de parole guidés
âĄïž Option B donne plus de parole, plus dâĂ©nergie, plus de progrĂšs.
8) đŠ Les 3 alertes rouges (signaux simples)
-
Vous parlez plus de 60 secondes dâaffilĂ©e
-
Le learner Ă©crit plus de 2 minutes dâaffilĂ©e
-
Vous utilisez du jargon (COD/COI, modes, âcomplĂ©mentâ, etc.)
âĄïž Solution : revenir Ă exemples + tours de parole.
9) â Lâalternative KC : le protocole 3â2â1 (simple et puissant)
3 phrases modĂšles (utiles, naturelles)
2 tours guidés (répétition + variations)
1 tour libre (mini-situation professionnelle)
Puis correction par reformulation.
10) đ€ Le vrai professionnalisme en L2 : se dĂ©centrer
Enseigner une langue seconde, câest accepter que le learner :
-
ne pense pas comme un francophone,
-
ne progresse pas par âanalyse dâabordâ,
-
progresse surtout par usage, essais, corrections brÚves, réemploi.
Ătre instructor, ce nâest pas âmontrer ce quâon saitâ.
Câest faire parler, sĂ©curiser, guider⊠et rendre lâapprentissage agrĂ©able.
11) â Conclusion KC (claire et positive)
La grammaire fait partie de lâapprentissage, mais elle doit ĂȘtre :
-
micro (courte),
-
contextuelle (liée à la tùche),
-
sans jargon,
-
immĂ©diatement rĂ©investie Ă lâoral.
â
Plus le learner parle tĂŽt, plus il progresse vite.
Et plus la classe est structurĂ©e en tĂąches, plus les learners â y compris les plus timides â prennent confiance et avancent.
đ Mini-rappel pratique avant chaque classe
-
1 objectif oral
-
3 phrases modĂšles
-
faire parler chaque learner 10 fois
Simple, motivant⊠et incroyablement efficace.
đ§ Less Grammar, More Speaking
đ Why the âgrammar cultureâ is a trap (even for anglophones) â and how to get real oral results
đŻ Purpose of this article: help every Instructor improve effectiveness (and enjoyment) in class, especially in the federal context.
This is not an âanti-grammarâ article. Itâs pro-acquisition: grammar matters⊠but at the right time, in the right dose, and in the service of speaking.
1) đ§ The real issue: a long-standing belief (and a cultural reflex)
In federal language training, a belief has been established for many years:
âTo succeed (especially at Level C), I must first know my grammar: subjunctive, conditional, rules, exceptionsâŠâ
This belief is reinforced by a very common cultural reflex among us, as francophones.
As francophones, we often learned French from childhood through:
-
rules, charts, and terminology (direct/indirect objects, moods, etc.),
-
and an implicit idea: âIf I understand the rule, I will speak correctly.â
However, many anglophones:
-
do not know âtechnicalâ grammar in their own language (or know very little),
-
and yet⊠they speak English perfectly.
â
Simple conclusion: you can speak a language very well without being able to explain its grammar.
So, in language training (especially at beginner levels), the goal is not to create grammarians â but professionals who can communicate.
2) đĄ Key clarification: speaking well â explaining grammar
You can speak a language accurately without being able to explain:
-
grammatical categories,
-
moods,
-
functions (direct/indirect objects),
-
or exceptions.
đ The evidence is everywhere: most native speakers (English, French, or any language) speak very well without being able to âreciteâ their grammar.
â Key message: language proficiency is primarily a skill of use (speaking/interacting), not a skill of description.
3) đ§ Myth vs Reality (to settle the debate)
Myth 1: âIf I understand the rule, I will speak better.â
â
Reality: understanding â automaticity. Automaticity comes from repeated guided oral practice.
Myth 2: âTo get a C, I must master the subjunctive and the conditional.â
â
Reality: at Level C, what matters most is clarity, fluency, interaction, nuance, register, and the ability to self-correct in real time.
The subjunctive/conditional consolidate through use â they do not âswitch onâ because you studied charts.
Myth 3: âThe more grammar I do, the more I improve.â
â
Reality: too much grammar taught like a âlessonâ â less speaking â more blocking â less progress.
4) â ïž What âgrammar cultureâ often produces (without us noticing)
When we teach (or learn) in âgrammar firstâ mode, we often see:
-
Cognitive overload: rules + exceptions + technical vocabulary
-
Loss of spontaneity: the learner thinks before speaking and self-censors
-
Lower motivation: especially in groups (more timid learners go quiet)
-
Less learner speaking time: class becomes a âlectureâ instead of practice
đ That is the opposite of our KC standard: oral-first (70% learner speaking time).
5) đ„ Two âdecisiveâ examples (concrete proof)
Example #1 â The anglophone paradox (very telling)
Ask a native English speaker:
âCan you clearly explain what a direct object or a subordinate clause is?â
Many cannot.
And yet they speak natural, accurate, fluent English.
â Key message: language is built mainly through use, not through metalanguage.
Example #2 â 15 minutes, two approaches, two outcomes
A) âGrammar lessonâ (15 min)
-
10 min explanation
-
5 min exercise (often written)
âĄïž Outcome: the learner âunderstandsâ⊠but speaks less and hesitates.
B) Oral-first (15 min)
-
1 min objective
-
2 min models
-
10 min guided speaking rounds
-
correction through reformulation
âĄïž Outcome: the learner speaks, gains confidence, and the structure settles in.
â With the same time, oral-first produces more visible progress.
6) đ The subjunctive: the perfect example of the âI must master itâ trap
The subjunctive is often at the center of beliefs (âif I donât master it, I canât get a Câ).
Thatâs misleading because there are two different skills:
-
Conjugating (mechanical)
-
Knowing when to use it (meaning: wish, necessity, emotion, doubtâŠ)
For an anglophone, the main difficulty is the second: the meaning reflex, because in English the subjunctive is rare or not very visible.
đ Helpful analogy: French â Spanish
A francophone learning Spanish quickly realizes:
-
the subjunctive is very frequent,
-
and knowing conjugation is not enough â you must feel when itâs required.
đ Same logic for an anglophone learning French: we build the reflex through use, not through long lectures.
â The KC method (oral-first)
We start with triggers + models:
-
Itâs necessary that⊠/ We need to⊠(Il faut queâŠ)
-
I want you to⊠(Je veux queâŠ)
-
Iâm happy that⊠(Je suis content(e) queâŠ)
Then 8â10 short speaking rounds, correction through reformulation.
Charts come later, only as support if needed.
7) đ§Ș The âdecisive testâ (try it tomorrow)
-
Option A: 5 min explanation + 5 min practice
-
Option B: 1 min models + 9 min guided speaking rounds
âĄïž Option B produces more speaking, more energy, and more progress.
8) đŠ Three red flags (simple signals)
-
You speak for more than 60 seconds without a learner speaking
-
The learner writes for more than 2 minutes
-
You use heavy grammar jargon (direct/indirect object, moods, etc.)
âĄïž Fix: return to examples + speaking rounds.
9) â The KC alternative: the 3â2â1 protocol (simple and powerful)
3 model sentences (useful, natural)
2 guided rounds (repeat + vary)
1 freer round (mini professional situation)
Then correction through reformulation.
10) đ€ True L2 professionalism: stepping outside our own lens
Teaching a second language means accepting that the learner:
-
does not think like a francophone,
-
does not progress by âanalysis first,â
-
progresses mainly through use, attempts, short corrections, and reinvestment.
Being an instructor is not âshowing what we know.â
Itâs getting learners speaking, keeping them safe, guiding them⊠and making learning enjoyable.
11) â KC conclusion (clear and positive)
Grammar is part of learning, but it must be:
-
micro (short),
-
contextual (linked to a task),
-
without jargon,
-
immediately reinvested in speaking.
â
The sooner the learner speaks, the faster they progress.
And the more the class is structured around tasks, the more learners â including the more timid ones â gain confidence and move forward.
đ Quick reminder before every class
-
1 speaking objective
-
3 model sentences
-
make each learner speak 10 times
Simple, motivating⊠and extremely effective.
Centre d'aide